Critique du film La Fidélité

Mardi 21 mars. 20h00. Je me rends à l'avant-première du film La Fidélité, organisée dans ma ville, Strasbourg. Je suis très excité. D'abord, parce que je vais voir Sophie Marceau dans un nouveau film, ensuite parce que la bande-annonce annonçait quelque chose de beau. Mais j'ai avant de voir ce film quelques réserves, parce que j'ai vu les autres films issus de la colaboration Zulawski-Marceau, et je ne suis pas fanatique de son style hystérique, des ses personnages toujours un peu fous, arriérés, ivres.

Et alors, le film commence... et bien je suis à nouveau perplexe. C'est si bizarre. C'est long : 2h45, un peu ennuyeux par moments. Parce que l'histoire n'est pas très complexe, mais un peu trop simple. Donc, pas d'intrigue passionnante, ou l'on est impatient de connaître la suite, mais nous assistons plutôt une succession de scènes inégales, parfois inutiles. Mais on comprend que, même si elles ne servent pas l'histoire, la présence de ces scènes est nécessaire, parce que c'est beau. C'est émouvant, certaines scènes sont magiques, portées par une musique entraînante, et avec un jeu d'acteurs formidable. Pascal Gréggory est parfois énervant, parce que son personnage est un peu arriéré, mais souvent touchant. Guillaume Canet apparaît plus sympathique, "normal" et Sophie est carrément sublime, belle comme jamais, et joue à la perfection, tout en nuances. Elle ne quitte quasiment jamais l'écran. Le couple qu'elle forme avec Gréggory nous offre des scènes fortes, émouvantes, tandis que le couple qu'elle forme avec Canet nous offre des scènes plus légères, plus drôles, plus divertissantes. On est d'ailleurs étonnés par la présence de tant d'humour, inhabituel chez Zulawski. Par contre, on retrouve, comme à son habitude, un lot de scènes érotiques, plus vulgaires que sensuelles, approchant ainsi une troublante vérité. La vulgarité semble être l'un des thèmes favoris du metteur en scène, puisqu'une bonne partie des personnages secondaires (Edith Scobb en alcoolo un peu folle) ne sont pas très ancrés dans la norme. Une vulgarité représentant certainement pour Zulawski celle du monde qui l'entoure, sa volonté étant de dénoncer la médiocrité humaine. Alors, bien sûr, le climat du film est très étrange, assez étouffant, malsain, dérangeant. On aime ou on aime pas. C'est une question de goût. L'hystérie, bien que plus discrète que dans les précédents films du metteur en scène, peut en exacerber plus d'un. Mais au moins, on ne peut pas dire que c'est banal, que ça manque d'originalité. Le seul fait que le metteur en scène ait un style, et essaie de nous le faire partager, sans entrer dans un moule, m'oblige à le respecter, lui et son travail.

Mathieu Kintz

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