Mercredi 22 mars. Au forum de rencontre de la Fnac, à Strasbourg, Sophie
Marceau est attendue pour 17h30. La salle est petite, il n'y a qu'une
quarantaine de places assises avec une bonne vue, on attend du monde. Je m'y
rend à 13h30. L'attente est longue, presque inutile : à part trois ou quatre
personnes, je suis le seul à attendre si longtemps pour voir l'actrice. La
salle ne se remplit qu'à partir de 16h. Je n'ai pas osé me placer au premier
rang, je suis timide, c'est trop idiot. Mais cette attente valait la peine.
Sophie arrive à 17h30, comme prévu, juste devant moi, à 1 ou 2 mètres. Elle
est belle, très belle. Encore plus que dans ses films, il m'a semblé. Plus
proche de l'image qu'elle donne dans La fidélité, que dans le
dernier James Bond. C'est impressionnant de la voir ainsi... Elle ne m'a pas
déçu. J'avais peur qu'elle s'exprime mal, qu'elle fasse mauvaise impression,
mais pas du tout. Au contraire, elle est très simple, très sympathique.
Malgré les gens qui faisaient du bruit, au fond, parce qu'ils ne voyaient rien,
elle est restée calme, a proposé aux gens qui posaient des questions de venir
devant prendre son micro, pour mieux les entendre. Elle m'a vraiment plu. Elle a
un vrai charme, qui ne se voit pas en photo, mais qu'on remarque parfois dans
les films. En fait, elle est vraiment intelligente, ses réponses sont toujours
profondes et réfléchies. Dans certaines interviews vues à la télé, il est
vrai qu'elle paraît bourgeoise, hautaine, qu'elle a la grosse tête. Mais il
n'en est rien. Elle m'a paru vraiment simple, gentille et attentionnée.
Elle a principalement parlé de son film La fidélité, qu'elle
défend vertueusement. Elle aime réellement Clélia, son personnage, qu'elle
avoue avoir compris entièrement. Elle a affirmé avoir apprécié tourner avec
Guillaume Canet et Pascal Greggory, qu'elle a trouvé fort sympathiques, et que
tourner avec Zulawski à nouveau est un réel plaisir, parce qu'ils avaient
depuis longtemps des projets qui n'ont jamais abouti. Le film est, comme on le
sait, adapté du roman de Mme de La Fayette, La princesse de Clève,
qui a été modernisé. Sophie a adoré le livre et rêvait d'en faire un film.
Zulawski lui a conseillé de le mettre en scène elle-même, mais elle ne s'en
est pas sentie le courage. Le metteur en scène a décidé d'intégrer le roman
dans le monde de la photographie, parce que c'est un milieu moderne et actuel,
et que le personnage de Clélia se devait d'être moderne. L'intention de
montrer leur univers, ainsi que celui des paparazzi, leur tenait à coeur.
Pour répondre à une question du public, Sophie a déclaré qu'elle
rêverait de passer derrière la caméra, ou d'écrire un deuxième roman, mais
qu'elle manquait de temps, que la vie était trop courte pour faire tout ce
qu'on voulait. Elle a affirmé avoir déjà écrit des scénarios, mais qu'elle
trouve très mauvais. Peut-être que plus tard, vers les 50 ans, elle se
mettrait à l'écriture plus sérieusement...
Elle n'a pas fait d'allusion à ses nouveaux projets, que ce soit
Belphégor ou autres. Elle a simplement avoué qu'elle revoyait
Pinoteau régulièrement et qu'ils essayaient de trouver un projet commun. Mais
rien de bien précis.
Elle n'a pas parlé non plus du James Bond, excepté pour dire que le film
avait été "follement drôle" à faire. Des gens n'ont pu s'empêcher
de parler de son mauvais caractère, et de son dérapage à Cannes. Elle a, en
souriant, remercié la personne de lui avoir rappelé ce douloureux événement,
et s'est expliquée sur son caractère. Elle a dit qu'elle était sûrement
passée à côté de rôles à cause de cela, mais que si on ne l'avait pas
choisie, c'est qu'il devait y avoir une bonne raison, et qu'il fallait
l'accepter telle qu'elle était.
D'autre part, elle a dit avoir décidé, pour les choix de ses films, qu'il
fallait que le metteur en scène soit bon et qu'elle s'entende avec lui, et que
le script soit bon aussi. Elle avoue regretter d'avoir fait certains films dont
le script était mauvais juste pour tourner avec tel ou tel metteur en scène,
ou bien avoir tourné avec de mauvais metteurs en scène et un bon script, en
croyant que la qualité du scénario et sa bonne volonté suffiraient. (une fois
particulièrement, mais elle n'a pas voulu précisé - on pense à Marquise,
forcément).
Voilà, Sophie est restée une heure, elle devait prendre un avion ensuite,
était pressée. Mais sous la foule qui s'est jetée sur elle à la fin, elle a
été obligée de signer quelques autographes, elle a été fort sympathique.
Mais il y avait vraiment trop de monde, alors, elle s'est faufilée vers la
sortie tout en signant. J'en ai eu un. Je garde un souvenir merveilleux de cette
rencontre. Malgré ma timidité, le fait que je n'ai pas posé de questions et
que mes photos aient raté...
Mathieu Kintz |