| Introduction |
| Questions - Réponses... |
Sophie : Ah oui? Dites-moi donc de quoi j'ai l'air dans "Le monde ne suffit pas"? |
Sophie : Mais non, mais ça va pas? Je suis comme je suis! Les producteurs m'ont contactée alors que je tournais "Firelight" et que j'allaitais encore mon fils, c'est vous dire si j'étais maigre. Cela dit, je ne me suis jamais faite l'avocate des grosses. Je défends simplement le droit des gens à rester ce qu'ils sont. Pour être acteur, aujourd'hui, on n'est pas obligé d'être mince et beau, et c'est formidable. D'ailleurs, quand vous voyez les acteurs de près, ils n'ont que des défauts : ils sont petits, vérolés... ça ne les empêche pas d'être très bien sur un écran. |
Sophie : Je ne me regarde pas. Pendant le tournage, j'évite d'aller aux rushes. |
Sophie : Tout le temps. Mais sans me voir vraiment. Je ne cherche pas à savoir si je suis jolie ou grognon, mais je surveille ma peau, mes dents, que tout ça reste en bon état, surtout quand je tourne, comme en ce moment à Paris. |
Sophie : Ouais... C'est une très belle ville. Disons que certaines rencontres sont charmantes, mais la foule ne l'est pas. Malgré tout, je m'y sens chez moi. J'y suis de plus en plus souvent, depuis que mon fils est entré à la maternelle, l'année dernière. Je loue un appartement fonctionnel, moderne, avec un vis-à-vis monstrueux. Mes voisins ont une vue plongeante chez moi! D'autant plus que je n'ai même pas mis de rideaux. Mais tant pis, je m'en fiche. |
Sophie : Depuis la naissance de Vincent, j'ai passé beaucoup de temps en Pologne. J'y ai une vraie maison, avec une âme et du charme. C'est là qu'avec Angel (Andrzej) et Vincent, nous allons passer Noël et le jour de l'An. L'été, nous allons en Corrèze, chez mes parents. Et puis, je voyage, j'ai passé beaucoup de temps à Los Angeles. |
Sophie : Je ne sais pas... rencontrer des gens, flâner, tourner... J'ai appris des choses. Ça m'a ouvert l'esprit. |
Sophie : Non, j'ai juste envie de faire des films un peu partout. Le monde bouge, il faut bouger avec! |
Sophie : Je ne vais pas au cinéma et le peu de films que je vois en vidéo ne me plaisent pas. Le seul film français que j'ai eu envie de voir ces derniers temps, c'est "Assassins" de Mathieu Kassovitz, parce que tout le monde le démolissait. Je me suis dit que ça devait être dérangeant. Je suis allée le voir et j'étais ravie. |
Sophie : Je ne suis pas là pour parler du cinéma mais de moi. Enfin, c'est un clin d'oeil... |
Sophie : Il y en a qui vont voir des psychanalystes, moi je fais des interviews, c'est gratuit et, en plus, il y a de jolies photos qui vont avec. |
Sophie : Moi, je vous dis tout et, après, vous faites votre sauce, je m'en fiche. |
Sophie : On ne peut pas plaire à tout le monde. On tire profit de ses erreurs aussi. |
Sophie : Je fais des erreurs de choix. Il y a, dans ma filmographie, des films que je regrette d'avoir faits. Mais une carrière, c'est comme une vie, ça ne peut pas être tout le temps impec', carré, parfait. |
Sophie : C'est assez rare que mes films ne marchent pas. Quand ça se passe moins bien, je brise net, je pars en Pologne, je vais faire mes courses au supermarché du coin. |
Sophie : Seulement les bonnes. |
Sophie : On sait les choses. Mmmmm... L'information circule. Il suffit de la décoder. |
Sophie : Mais je suis en dehors de tout ! C'est vrai que je ne dîne pas avec des gens du cinéma... Je ne dîne avec personne! Je vis dans une bulle que je me suis créée. Quand je ne tourne pas, je ne lis pas le journal, je ne regarde pas la télé, je n'en ai ni le temps ni l'envie. Ce qui compte avant tout, pour moi, c'est ma famille. |
Sophie : Ouais, un peu, non, je ne suis pas sauvage du tout. C'est juste que j'ai une vie super simple. |
Sophie : Je danse un peu sur des rythmes africains le dimanche, ça me détend. Je fais mes trucs à moi, je bricole à mes petites affaires, j'écris des choses. Et puis, surtout, il y a Vincent et Andrzej. |
Sophie : Quinze ans. Le couple, c'est bien si ça bouge, si c'est vivant, si c'est des douches froides. Ça se travaille. |
Sophie : Non, on a eu envie mais on n'a pas eu le temps. |
Sophie : C'est quoi le Pacs? Non, une simple régularisation administrative ne m'intéresse pas. Moi, j'ai envie d'une cérémonie religieuse, d'une fête, peut-être même d'une robe blanche, même si, en théorie, je n'ai pas le droit d'en porter une! J'ai eu une éducation très religieuse même si je ne pratique plus. |
Sophie : Non, nous voulions qu'il ait conscience du sacrement qu'il recevait. Nous avons donc préféré attendre. |
Sophie : Transformée, non, mais elle m'a ouverte sur ce que j'avais de mieux en moi. Avoir un enfant, ça vous réveille, ça vous oblige à vous poser plein de questions sur les choses, depuis les origines. J'aurais adoré être maîtresse d'école, apprendre, non, pardon, enseigner. |
Sophie : Oui, c'est formidable pour un enfant de bouger beaucoup. Comme on dit, les voyages forment la jeunesse. Il est né à Clamart, bon, sur son passeport, c'est pas très chic, c'est pas Genève ou New York! Mais il a fait ses premiers pas à Saint-Pétersbourg sur le tournage d'"Anna Karenine". Lorsque je tournais le James Bond, il allait à l'école à Londres. A 4 ans et demi, il parle déjà trois langues, français, anglais et polonais. |
Sophie : Non, mais même si ce ne sont que dix minutes par jour, c'est dix minutes à fond la caisse. Vous savez, il a déjà son petit monde bien à lui, il est très éveillé. On vit en parallèle sans perturber trop son chemin, On s'arrange. |
Sophie : Non, moi-même je ne l'ai pas revu. Enfin si, enfin non, je ne sais plus... Ce qui est marrant, c'est que c'est presque un film culte. En ce moment, je tourne avec Guillaume Canet et il n'arrête pas de me chanter la musique de "La Boum". Je râle, je lui dis : mais t'es un fan! |
Sophie : Ça se passe très bien. Ce n'est pas une première vous savez. C'est quand même notre quatrième film ensemble. C'est bien, c'est un film sur la fidélité. |
Sophie : Non, je ne sais pas pourquoi, faut leur demander. Moi, je n'ose pas appeler les réalisateurs, je suis timide. La seule personne que j'ai sollicitée, c'est Stanley Kubrick. Je lui ai envoyé mes photos pour "Eyes Wide Shut"... Heureusement que je ne l'ai pas fait, mon Dieu! Non, je plaisante, je n'ai pas vu le film. |
Sophie : Effrayer, c'est un peu fort comme mot, mais il doit y avoir de ça. Avoir un compagnon metteur en scène, ça n'aide pas, j'aurais mieux fait de choisir un danseur! Tout ça, c'est de la connerie, si les gens veulent vraiment de moi, ils peuvent m'appeler. |
Sophie : Me photographier sortant du supermarché avec mes sacs à provisions, ce n'est pas follement excitant. Mais ils sont là. Au cas où. Récemment, nous nous sommes engueulés dans la rue, Andrzej et moi. Ils nous ont pris en photo mais je m'en fiche un peu. |
Sophie : C'est un vrai et beau personnage, un peu timbré. Le tournage, c'était amusant à regarder, une grosse machine organisée comme une armée, des décors impressionnants, des cascades, des robes sublimes, des gens qui vous disent que vous êtes belle, c'était vachement bien, c'était fun. |
Sophie : Je suis partie tout de suite en Espagne. Je n'ai rien lu de ce qu'on a raconté. Je ne pouvais pas, j'étais trop mal, trop malheureuse. Simplement, j'aurais préféré que les réactions, les critiques s'expriment sur le moment, dans le Palais des Festivals. La salle était très tendue par l'énoncé du palmarès mais personne n'a réagi sur-le-champ. Non, rien, ils ont préféré me taper dessus après. |
Sophie : Je ne connaissais pas le climat de ce festival. J'étais arrivée à Cannes deux heures avant la cérémonie. J'ai tenté de me faire briefer sur ce qui s'était passé depuis le début de la quinzaine et tout ce que j'ai entendu, c'est des gens malheureux qui répétaient : "C'était mieux à Cabourg." Cela dit, je n'ai pas été pro, et je me suis sentie mal pour Gilles Jacob. J'aurais dû faire simple... |
Sophie : Ah non! Il était vraiment trop nul. On m'a attaquée, moi, mais il y aurait aussi beaucoup à dire sur ceux qui récitent comme des cons, des textes nuls. (On est alors interrompus par un monsieur dont les oreilles traînaient, qui glisse à Sophie : "Vous savez, on oubliera Cannes et on continuera à vous aimer pour tout le reste.") Je ne sais pas ce qu'il a voulu dire mais ça avait l'air gentil! |
Entretien réalisé par Michel Palmiéri et Olivia de Lamberterie |