| Introduction |
| Questions - Réponses... |
Sophie : Épargnez-moi, je vous en prie... |
Sophie : On ne me l'a jamais posée, celle-là. Personne n'a encore osé. Et pourquoi cette question? Cela a un rapport avec le film? |
Sophie : C'est trop intime, je ne réponds pas. |
Sophie : Très fidèle. |
Sophie : Le personnage m'a plu dès le départ: il se situe à contre-courant, ne suit aucun système sinon le sien et voit le monde avec une grande liberté. En fait, le film s'inspire de La princesse de Clèves. Et même s'il n'a plus aucun rapport avec le livre, on en ressort avec la même impression. |
Sophie : Il y a des choses que nous avons envie de faire tous les deux, qui se provoquent et aboutissent parfois ensemble, et c'est très bien. Mais il écrit aussi des trucs qui ne sont pas pour moi. |
Sophie : Vous parlez de moi, là? Ah ça, je ne réponds pas à ce genre de questions. |
Sophie : Je ne sais pas ce que ça veut dire. Je suis toujours incapable de savoir ce qui est censé plaire ou pas au public. |
Sophie : Si j'essaie de raisonner, je vous répondrai "non". Parce qu'il est difficile, dans le monde d'aujourd'hui, de trouver trois heures de son temps pour se laisser entraîner dans un voyage comme celui-là. Cela dit, quand je vois ce film, il me parle, me fait pleurer, me surprend, et je me dis que tout le monde peut avoir envie de voir ça. |
Sophie : Je crois qu'il a tout imaginé. Comme il a mis beaucoup d'argent personnel, il a certainement pensé à toutes les sorties de secours pour se rembourser. Mais ce n'est pas mon problème. Ma responsabilité est de faire la promotion, le service après vente comme on dit. Le reste est une question commerciale. |
Sophie : Au départ, je dis non à tout... et puis petit à petit, les trous de la passoire s'élargissent! J'ai accepté de faire Fréquenstar, par exemple. Il y a 1 h 30 d'émission sur moi (elle lève les yeux). |
Sophie : Non, c'était très bien, mais à la fin du tournage j'étais un peu fébrile. En fait, dans cette émission, on est très exposé, on se dévoile beaucoup et je trouve ça dangereux. C'est comme marcher au bord d'une falaise. Il suffit d'employer un mauvais mot pour que cela prenne des proportions. |
Sophie : Je crois que le nombre d'entrées augmente, mais pas celles du cinéma français... Tout le monde a ses théories et je n'ai pas de réponse à apporter, cela ne m'intéresse pas. De toute façon, je ne vais pas au cinéma. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas solidaire, les films français ne font simplement pas partie de mon horizon culturel. |
Sophie : Je sais quand même ce qui se passe. Je vois les films en vidéo, ou alors des extraits. En fait, on arrive à se faire une idée assez vite. |
Sophie : Comme je ne vois pas les films, ce serait malhonnête de voter. Mais j'ai vu Vénus beauté institut, |
Sophie : Je trouve la réalisatrice touchante... mais ses films beaucoup moins. |
Sophie : C'est vrai, j'ignore tout de la production. Je suis simplement énervée quand un studio fait tout le contraire de ce qu'il a pu me dire. Pour le reste, comment pourrais-je savoir que Gaumont se place dans une logique commerciale qui conduit à ne pas respecter les lois qu'il contribue à faire voter. |
Sophie : Tourner les films en anglais, par exemple. Gaumont le refuse aux autres... et le fait de son côté! |
Sophie : Non, ce que je regrette, c'est que Gaumont n'ait pas envie de tourner un Jeanne d'Arc par an! Et que ses patrons préfèrent produire un film en anglais, avec une actrice qui vient de je-ne-sais-où... Encore un peu, et ils reconstituaient Chinon à Hollywood! |
Sophie : Non. |
Sophie : Non, pas du tout. Il croit à mort en ce qu'il fait, Besson. On peut tout lui reprocher sauf ça. |
Sophie : Je ne le connais pas, je l'ai juste croisé très brièvement dans des couloirs. Toujours très aimable... |
Sophie : Je ne mets pas de point d'honneur à dire ça. Quand je les rencontre, je suis même agréablement surprise. Et si quelqu'un veut me voir, c'est avec plaisir. |
Sophie : Je vis à l'écart de tout. Et pas uniquement du milieu du cinéma. Vous savez, les femmes d'aujourd'hui manquent de temps. Moi, je ne peux pas passer ma vie à prendre rendez-vous avec des gens que je ne connais pas... |
Sophie : Pourquoi prendraient-ils ma défense? Cette attitude est voulue, ce n'est pas de l'indifférence. Et de toute façon, je les entends très peu monter au créneau. |
Sophie : Je ne sais pas, mais au moins il y a de la vie. Je crois que mon comportement fait des vagues parce que personne ne provoque jamais rien. Regardez Jospin, il suffit qu'il dise un mot juste pour que tout le monde lui tombe dessus. En fait, il ne se passe pas assez de choses, dans ce pays, les journalistes s'ennuient... |
Sophie : Non, c'est parce que je n'ai plus le temps. Et puis, je me désintéresse de la politique française, je me tourne plus vers le monde et les grandes choses qui s'y passent. Il n'y a pas de sujets sur lesquels s'exprimer. |
Sophie : Ça fait longtemps que tout devrait être réglé. On va discuter encore combien de temps? La politique est ennuyeuse. Et dès que quelqu'un prend une décision, tout le monde est dans la rue... |
Sophie : Tant mieux pour ceux qui en profitent. Ça ne m'enlèvera pas de l'idée que ce monde est bizarre: il tire toutes ses références, son équilibre et sa spiritualité dans l'argent. Pourtant, l'argent est une chose virtuelle, qui donne une valeur abstraite à tout, fait oublier les valeurs saines et conduit les gens à faire n'importe quoi. |
Sophie : Allez voir Matrix : nous vivons dans une réalité qui n'existe pas. |
Entretien réalisé par Fabrice Pierrot |