| Questions - Réponses... |
Sophie : (Elle sourit.) Ce n'était pas très différent des autres tournages, disons qu'on a mûri... Moi j'ai plus de maturité, de présence peut-être. Il y a une grande confiance et en même temps de l'étonnement. Je sais qu'à chaque film on va pouvoir aller plus loin. |
Sophie : Rien. Le rapport du metteur en scène et de l'acteur est toujours délicat, justement parce qu'il vous demande de vous mettre à nu. Et pas seulement physiquement. Mais cela ne me gêne pas : je suis extrêmement pudique dans la vie - surtout quand il s'agit de sentiments mais pas au cinéma. |
Sophie : Importante ! Etre fidèle d'abord vis-à-vis de soi-même, c'est-à-dire faire ce que l'on dit. Et puis tenir la promesse qu'on a faite, soit publiquement, soit intimement, à l'autre. |
Sophie : Cela sonne comme un pari fou et c'est justement ce qui me plaît. Je n'aime pas l'idée de se laisser guider par ses instincts. Résister à la tentation implique peut-être une souffrance, mais je crois que vivre dans le mensonge fait beaucoup plus de mal encore. Et puis je suis sûre que la vérité vous rattrape un jour ou l'autre, et là, ça fait beaucoup de dégâts. |
Sophie : Pas du tout. Je parle simplement de mon choix. Moi j'aime les gens qui se dépassent. |
Sophie : Ce qui compte, c'est d'être en accord avec soi-même. Je ne considère pas qu'être fidèle est une aliénation. On n'a pas besoin d'un amant pour être heureuse. Les gens pensent toujours qu'ils ont besoin de plus, mais c'est parce qu'on veut leur vendre plus. Soit on cède à toutes les tentations, soit on reste attaché à ses convictions parce que c'est un coussin sur lequel on se sent mieux. Plus en accord avec soi-même. Moi je me sens libre par rapport à l'autre, au monde, mais pas par rapport à moi. |
Sophie : Je ne sais pas... Franchement, je ne sais pas. |
Sophie : Oui. Je suis indépendante, je n'aime pas obliger les autres à me devoir quoi que ce soit, mais il y a des moments de peur. Des moments où j'angoisse à l'idée que tout pourrait s'arrêter, que l'homme que j'aime pourrait me quitter, disparaître... Cela remet souvent les choses à leur place, d'ailleurs. |
Sophie : Il faut arrêter de lire tous ces magazines qui font croire que le couple tue l'amour! Ce n'est pas vrai! Au contraire, la passion est formidable quand deux personnes font leur vie ensemble. Un couple n'est pas une routine : il y a des crises, des remises en question, mais si chaque fois qu'une tentation vient troubler l'ordre des choses, on casse et on va voir ailleurs, elle est où, la passion? Dans la première heure que vous allez passer avec votre nouvel amant? Et après? Pour moi, la passion c'est quelque chose qu'on veut très fort et que l'on va essayer d'obtenir malgré tout et contre tout. C'est être motivé par quelque chose qui semble impossible et se battre pour. Des études démontrent que le désir sexuel s'étiole au bout de deux ans. Alors quoi? On divorce tous les deux ans? N'importe quoi! Et puis se marier c'est quand même une décision importante. Sacrée. |
Sophie : On n'a jamais eu le temps, on n'a jamais su s'il fallait le faire en Pologne ou en France, et puis surtout dans quelle Eglise? On est tous les deux catholiques, mais pas très copains avec le Dieu auquel notre religion nous rattache. Mais c'est une promesse que l'on se fait tout le temps. Et c'est assez excitant. |
Sophie : Oui. Je ne la quitte pas en ce moment. J'étais en Italie pour tourner Le songe d'une nuit d'été (film sorti en 1999, NDLR), c'est là qu'Andrzej l'a trouvée. J'aime les symboles, les choses qui ont un sens. |
Sophie : Il est beaucoup plus constant que moi. Il est fait d'un bloc. En tout cas, c'est ce qu'il veut être. Il n'est pas fait de contradictions et, depuis l'enfance, il choisit en permanence. Avoir vécu dans un système où on disait aux gens quoi penser, quoi dire, quoi faire, où tout était censuré, a provoqué un tel dégoût en lui qu'il s'est toujours obligé à faire ses propres choix. Il n'a laissé ni au hasard ni à la vie le soin de décider à sa place. Andrzej, c'est un homme courageux. |
Entretien réalisé par Jeanne Bordes |