| Introduction |
| Questions - Réponses... |
Sophie : J’avais un peu de temps et je cherchais une histoire à écrire. J’ai fouillé dans les classiques et je suis tombé sur La Princesse de Clèves. J’ai été saisie. J’ai trouvé là le profil d’une héroïne moderne comme j’en cherchais depuis longtemps. J’en ai parlé à Andrzej. |
Sophie : Contrairement au XVIIe, il n’y a plus de rigueur nulle part, alors c’est intéressant de suivre quelqu’un qui se tient à un choix. La société contemporaine propose de plus en plus de choix. C’est comme la Fnac, tout est à disposition. Mais, plus il y a du choix et moins on parvient à en faire. Je veux dire à s’engager vraiment. |
Sophie : C’est dur. Parfois il se produit une alchimie immédiate. Mais les choix deviennent plus compliqués lorsque entrent en jeu des questions de stratégie. Moi, je suis nulle pour ça. Je ne crois qu’aux choix d’instinct. Dès que je veux raisonner, évaluer le bénéfice de tel ou tel rôle, je m’embrouille. Ce qui me sauve, c’est qu’au bout de quelques semaines, une sorte d’illumination me fait apparaître avec netteté ce que je dois faire. Ensuite je n’en démords plus. |
Sophie : Oui. J’ai tellement partagé de projets avec Andrzej qui n’ont emballé aucun producteur que nous avions très peur de ne pas arriver au bout. C’est toujours difficile. |
Sophie : Ce fut un drôle de concours de circonstances. Paolo m’a contactée pour me proposer d’être la princesse de Clèves pour Manuel de Oliveira. Je lui ai dit qu’Andrzej était en train d’écrire lui aussi sa version du roman. Alors Branco a eu envie de produire le film. |
Sophie : La Lettre, c’est ça? Non, je ne l’ai pas vu. |
Sophie : Non à partir du moment où je lui ai soumis l’idée, je l’ai laissé écrire. C’est vraiment son film. |
Sophie : Je ne crois pas. Mais c’est bien que dans l’esprit des gens tout se confonde. Le film touche des choses profondes sur les relations de couple. Il décrit des sentiments vécus par tous. Pour se protéger on se dit «Ça me rappelle quelque chose, ça doit être Zulawski et Marceau». |
Sophie : Vous pensez que je me fais trop payer? Si des cinéastes ont peur de mon image, de mon statut, tant pis pour eux. Ça ne les empêche pas de faire un bon film, et en plus ça leur permet de mieux le vendre, notamment à l’étranger. S’ils préfèrent rester dans l’ombre tant pis. |
Sophie : C’est très intéressant de travailler en anglais. Toutes mes expressions, ma gestuelle, sont liées à mes mots. Si on me les enlève, je me retrouve aussi sans mes gestes. Alors il faut tout reconstruire. C’est très troublant. Mais de toute façon, un tournage, c’est toujours une épreuve. C’est douloureux de faire des films. |
Sophie : J’ai beaucoup d’appréhensions. Cela fait vingt ans que je fais des films et pourtant je ne me vois pas. Je n’arrive pas à savoir comment on me voit, pourquoi les gens me font confiance. Ça m’échappe totalement. Il faut que j’assure pour répondre à une demande dont je ne sais rien de ce qui la motive. |
Sophie : En France, on les compte sur les doigts d’une main. Des Etats-Unis davantage, car le système est différent. Là-bas, on lit tout, même si ce ne sont pas des offres fermes; on reçoit des choses hallucinantes, qui se passent en 2073 dans un pays où on prend une pilule qui neutralise les émotions. En France, c’est de Charlotte, qui m’a dit que Pierre était embêté, etc. |
Sophie : Non, mais je vois pas mal de films en vidéo. Récemment, j’ai commencé à regarder le «Blairwitch je ne sais pas quoi». Ça m’a paru intéressant mais j’ai coupé parce que j’étais trop naze. Il faut que je le reprenne. J’ai bien aimé American Beauty. J’ai adoré Matrix. J’ai Breaking the Waves en cassette mais je n’ai pas encore eu le temps de le voir. Je n’étais pas très emballée par Festen. Et puis j’ai vu récemment Le Masque de Zorro. |
Sophie : Oui c’est vrai. A Hollywood, ils sont très précis dans ce qu’ils font. On trouve dans ces films exactement ce qu’on cherche lorsqu’on choisit de les voir. |
Sophie : Je ne ferais pas de généralités. Dans les films d’Andrzej par exemple, il y a à la fois un côté techniquement parfait, très moderne visuellement et très bien fabriqué, et en même temps un élan, quelque chose qui n’appartient qu’à lui, comme un cœur qui s’ouvre. Le cinéma lui va de mieux en mieux. Il a mûri. Il s’émeut davantage, ce qui le rend plus doux et plus ouvert, sûrement plus près de la réalité humaine des choses. |
Entretien réalisé par Jean-Marc Lalanne |