| Introduction |
| Questions - Réponses... |
Sophie : Moi, j'ai besoin de rester dans la vie et d'être une actrice. J'aime la vie, elle m'intéresse, il y a beaucoup de choses à faire. Des choses d'amour, de partage, d'échange. Et, en même temps, j'ai besoin de rêver, de vivre dans une bouée, dans mon monde. J'ai une vie tellement intéressante, je fais tellement de choses. J'aimerais avoir encore plus de temps pour en faire plus. J'ai un enfant que j'adore, un métier que j'adore, mes discussions avec Andrzej... |
Sophie : Je me lève à 7 h 30 avec le petit. On se prépare, on prend le petit déjeuner ensemble, je l'emmène à l'école et ensuite, à partir de 9 heures, je travaille pour moi. Moi, je ne suis pas quelqu'un de la nuit, j'aime le jour. Je dors la nuit car j'ai de longues journées très occupées. Le sommeil est très important pour moi. |
Sophie : De mes parents. Mon père est un mystique, ma mère une paysanne. Je me dessine ma morale tous les jours... |
Sophie : C'est difficile de grandir! Je suis contente d'en être sortie... [Elle continue à parler en se regardant dans la glace. Elle dit n'importe quoi. Pour m'occuper.] |
Sophie : Ah bon? [Elle éclate de rire.] Ben vous voyez, j'étais prise par autre chose... C'est tout le temps comme ça. Je suis sur terre et en l'air. Par exemple, là, je viens de me regarder dans la glace et en même temps, je me disais: "Tiens, je n'ai pas écouté de musique aujourd'hui..." et je pensais à la musique que j'avais envie d'écouter! [Elle revient à ma question.] Ne pas avoir eu de jeunesse! Parfois, dans mes moments de blues, ça revient et je me plains moi-même! Enfin... On ne peut pas tout avoir! Est-ce que j'aurais été capable d'en faire quelque chose de ma jeunesse? |
Sophie : Ça ne me dérange pas parce que je suis une actrice et je crois que j'aime ça. Je n'ai pas honte de le dire. Moi, je ne suis rien, je vis dans le regard des autres. Je me faufile dans leur vie, je suis un peu un fantôme. Et en même temps, heureusement, je suis double et j'ai un côté "moi, je" qui a envie de se construire justement pour contrebalancer ce côté fantôme ! Oh lala ! je viens de vous faire une analyse là, direct express! [Elle éclate de rire.] |
Sophie : Totalement différente. Pas totalement mais.. disons que j'aurais été la même personne avec plein de portes pas ouvertes! Il m'a fait gagner un temps gigantesque. Je l'ai rencontré à un âge ou on est malléable, où on absorbe tout. Les gens ont besoin d'être irrigués, d'être écoutés, compris. C'est tellement important. |
Sophie : C'est dur, mais qui vous a dit que la vie était facile? Ne pas avoir de succès, c'est comme parler tout seul dans le noir. Je lui dis d'en profiter maintenant parce que tout le monde a l'air d'aimer ce film-là. De toute façon, on ne vit pas avec son succès, on vit à la maison chez soi. Un couple, c'est fait pour surmonter des choses ensemble. |
Sophie : Non! C'est un truc impossible à imaginer ! Même si on est des gens fébriles et qu'on peut s'emporter, c'est solide. Il y a un truc si fort entre nous! On s'apprend, on s'apprend beaucoup... |
Sophie : On ne sera jamais un vieux couple parce que je serai toujours beaucoup plus jeune que lui! Et puis on est vachement vivants! |
Sophie : Non, c'est pas ça! Je ne lui fais pas lire mes scripts parce que j'ai besoin d'être seule à décider. Je sais quand ça me plaît ou pas. Mais je lui demande son avis quand j'ai décidé de ne pas le faire. Là, on en parle. Mais moi, je sais déjà. |
Sophie : Ça, c'est son sale caractère. |
Sophie : Oh oui... Quand j'ai rencontré Andrzej, c'était bien tout de suite. Je me souviens : il descendait l'escalier et j'ai vu ses jambes, le bas de ses jambes, ça m'a beaucoup plu... Mais je n'étais pas amoureuse, je n'en étais pas encore là; les coups de foudre, ce n'est pas forcément tomber amoureuse. Il faut insister et, parfois, ni l'un ni l'autre ne savent insister et cet instant fiche le camp. C'est un moment qu'il faut saisir. |
Sophie : Non! Moi, c'est tout ou rien. Toute la vie ou rien. C'est la passion. Pourtant, j'aime séduire, j'aime me sentir libre de plaire, je suis très indépendante. Mais j'aime ma vie avec Andrzej. J'imagine que ça me plaît puisque ça dure depuis si longtemps. Par exemple, La princesse de Clèves, j'ai mis du temps à comprendre que c'était un roman. Pour moi, c'était juste normal, quoi. |
Sophie : Le jour de mes 30 ans, j'ai flippé terriblement! Aujourd'hui, je vais en avoir 34 et je ne panique plus. Pour le moment, je me sens bien comme ça... C'est parce que j'ai grossi et que je vais à la campagne le week-end. On a repris une maison. En Normandie. La Normandie, c'est mon enfance, il fait toujours humide, on a les joues rouges, on croque des pommes, on fait des feux dans la cheminée... |
Sophie : J'adore ça. Je fais tout. Je jardine, je fais les courses, je cuisine, je décore! Elle est tenue, ma maison! |
Sophie : Parce que j'ai été habituée. J'ai toujours connu des ruptures de vie. Je me sens toujours bien où je suis, j'aime les différences. Je suis retournée dans ma banlieue, dans ma cité. Les immeubles sont murés. Un jour, ils vont tout détruire. Douze immeubles, les uns à côté des autres. Ca m'a fait une drôle d'impression! Mais ça ne me fait pas peur, c’est ma vie. Je retourne là et je suis comme chez moi ! Je viens de là, je suis de là. |
Sophie : Jamais! Quand je réserve quelque part par exemple, je dis "Marceau", ça peut très bien être Armande Marceau! Mais la célébrité, c'est plutôt agréable, ce sont des sourires, une attention. C’est une communication avec les autres… |
Sophie : Vincent, c'est le plaisir, l'émerveillement de chaque seconde. Une ouverture. C'est extrêmement prenant, mais ça apporte beaucoup de joie. Je l'emmène partout avec moi. Je ne le laisse jamais... Nous l'aimons comme la prunelle de nos yeux. |
Sophie : J'aimerais en avoir... plein (geste large de la main). Mais je pense aussi qu’il faut bien s'occuper d'un enfant. Je crois que les choses viennent quand elles doivent arriver - Vincent est arrivé que prévu - et quand elles arrivent, tout s'organise autour... Sourire lumineux, tête qui penche, lasse. Bouche qui mime une demande : « S’il vous plaît, on arrête. » Et on arrête... |
Entretien réalisé par Katherine Pancol |