Introduction

L'actrice française sera probablement la plus distinguée des Bond girls de l'histoire lorsqu'elle sera opposée à Pierce Brosnan dans son troisième film, The World is not enough. Après 20 ans de métier, elle méritait bien ça...

La fascinante star a été choisie dans le seul but de représenter l'ultime femme fatale, celle qui poussera l'agent 007 dans ses derniers retranchements. Elle manipulera Bond, qui lui est entièrement dévoué, en tant qu'Elektra King, une riche héritière du pétrole mi-turque, mi-anglaise. Elle trahira aussi le reste du M16, retournant la situation contre M, interprété par Judi Dench, gagnante d'un Oscar le printemps dernier. "Michael Apted, le réalisateur, ne s'est pas gêné pour confier des rôles à de superbes femmes dans ce film, affirme Brosnan. Nous avons Sophie et Denise Richards, et elles peuvent certainement bien se débrouiller."

Après avoir été sélectionnée pour le rôle, Marceau, qui a fêté ses 33 ans le 17 novembre, a regardé les films précédents de la série. C'est un nouveau départ pour la star française qui a gagné un César à l'âge de 15 ans et qui est reconnue pour ses rôles dans La Boum, Firelight, La Fille de D'Artagnan et tant d'autres.

Sophie, qui a partagé l'écran avec Mel Gibson dans la superproduction Braveheart (Coeur vaillant) et qui a été vue dans Songe d'une nuit d'été, souhaite donner une dimension internationale à sa carrière. Néanmoins, elle tourne présentement avec Zulawski le film La Fidélité, en France.

Malgré sa réputation de femme mystérieuse, Marceau est charmante et chaleureuse. Peut-être que Bond a enfin rencontré son adversaire la plus redoutable.


Questions - Réponses...

Comment en êtes-vous arrivée à participer à ce film de James Bond?
Sophie : Les concepteurs m'ont vue dans Firelight et ils m'en ont beaucoup parlé. Ils m'ont fait passer une audition à Londres pour le rôle dans le James Bond. Ce film était quelque chose de nouveau pour moi, comme, tous ceux auxquels j'ai participé d'ailleurs : chacun était différent du précédent. J'ai fait des comédies, des drames, des films d'époque et d'autres contemporains. L'idée de jouer dans un James Bond me plaisait. Un film d'action à grand déploiement distribué dans le monde entier, c'était très attirant. De plus, ç'a été agréable, très créatif.

Y a-t-il une Bond girl que vous préférez parmi celles des films précédents?
Sophie : Pour être franche, je ne les ai pas toutes vues, alors il serait injuste d'en choisir une. J'ai cependant remarqué que chacune a sa particularité, sa beauté propre, ses attraits. Certaines sont grandes, d'autres exotiques ou drôles. Par contre, elles ont toutes de gros seins!

Avez-vous peur d'être stéréotypée en tant que Bond girl?
Sophie : Absolument pas, je suis libre de faire les films que je veux. Chaque fois que je participe à tournage, les gens me disent: "Ah! Tu ne devrais pas faire ce film, le réalisateur est fou". Ce n'est pas vrai. Je suis adulte et en mesure de faire face aux situations qui se présentent. Les gens peuvent bien penser ce qu'ils veulent. J'ai même tourné sept films d'époque les uns à la suite des autres. J'aurais pu m'inquiéter de l'étiquette que l'on aurait pu m'accoler, mais non, j'ai fait ces films parce qu'ils m'intéressaient. Je ne me souciais pas de l'impact sur mon image. Mon image, c'est moi. Si les gens croient que je ne suis qu'une Bond girl, alors je suis une Bond girl. Et puis après?

Connaissiez-vous l'héritage de la série James Bond?
Sophie : Je savais que les films de James Bond appartenaient à une tradition à la fois très britannique et très internationale. Au cours des générations, les gens apprécient ces films qui sont devenus aussi familiers que les dessins animés de notre enfance.

Votre personnage est-il plus moderne que les Bond girls du passé?
Sophie : Oui. C'est bien de préserver une certaine tradition, mais il faut aussi s'adapter si on veut rester branché sur le monde d'aujourd'hui. Si vous désirez raconter une histoire d'amour, vous ne pouvez éviter de traiter le point de vue féminin. C'est amusant parce que mon rôle a été écrit par deux hommes puis retravaillé par une femme, même si l'élément féminin a toujours été présent à mon avis. C'est fluide et pas trop artificiel. Elle est méchante, mais elle vit aussi une histoire d'amour avec James Bond. Elles traverse plusieurs phases différentes. Dès le départ, j'ai adoré le rôle.

Une des méchantes dans les films de la série écrasait les hommes entre ses jambes. Que fera votre personnage?
Sophie : En fait, elle ne tue pas elle-même. Elle a des hommes de main qui le font pour elle! Elle est davantage une amante qu'une meurtrière, ce qui peut quand même être un moyen de tuer. Elle a un bon côté. Elle n'est pas seulement cruelle, sinon ce serait terrible. De toute façon, tout le monde sait que Bond va triompher! J'aime cet aspect. C'est comme pour le film Titanic, tout le monde savait que le navire allait sombrer. Le défi était de construite une histoire crédible. Mon personnage est intéressant, il a un passé. Nous traitons beaucoup de sa jeunesse, de sa famille, de sa puissance. Il est fascinant.

Lui ressemblez-vous un peu?
Sophie : Non, pas vraiment. Je ne proviens pas d'une famille biculturelle et aisée. Ma vie ne ressemble pas à un film de James Bond, mais j'essaie de transmettre à mon personnage mes connaissances, mon expérience, mon comportement. je ne sais jamais quand le personnage et l'actrice se rencontrent. Je veux que nous nous confondions. C'est pourquoi il faut absolument que j'aime mon rôle. Je ne peux pas m'imaginer jouer quelqu'un que je n'aimerais pas.

N'est-ce pas un rôle moins sérieux que ceux que vous avez joués auparavant?
Sophie : Mais c'est un film sérieux! Non, en fait, c'est vraiment exagéré. Chaque film est difficile parce que mon état d'esprit change. Je m'améliore chaque fois en tant qu'actrice, mais c'est toujours différent. Je dois composer avec un nouveau réalisateur, un nouveau partenaire, un nouvel environnement... Ensuite, je me pose des questions sur mon personnage. "Qui suis-je aujourd'hui? De quoi ai-je l'air?" Ça change constamment. Comme j'en suis consciente, j'aborde toujours un rôle sérieusement. Parce que ça en vaut la peine. Ce film était très stimulant étant donné que je travaillais avec un réalisateur britannique sur un film britannique, mais en temps qu'actrice française. J'ai dû modifier ma façon de jouer et c'était vraiment intéressant.

Est-ce que vous auriez fait un tel film dans le passé?
Sophie : Je n'ai plus 20 ans, j'en ai maintenant 33. Je ne suis pas la même personne que j'étais à l'époque. Et les films de James Bond ont changé aussi. Je ne me suis jamais préparée à tout ce qui m'est arrivé dans la vie. J'ai débuté au cinéma à l'âge de 13 ans. Je sais que je suis chanceuse de faire ce métier. Tous les jours, j'apprécie ce qui m'arrive. Dans la mesure où cela me rend heureuse, c'est fantastique. Mais tout ça peut aussi devenir désespéré du jour au lendemain. Je suis vraiment reconnaissante que les choses aillent aussi bien. Je connais les risques du métier. Je suis une vieille actrice maintenant!

Qu'est-ce qui vous passe par la tête lorsque vous jouez une scène d'amour avec James Bond, un des plus grands séducteurs de l'histoire du cinéma?
Sophie : (Elle rit). Une scène d'amour est une scène d'amour. Ça ressemble beaucoup à une scène d'action. Il m'importe peu que ce soit romantique ou non. James et mon personnage partagent des scènes dangereuses où les spectateurs se demandent: "Vont-ils s'entretuer ou faire l'amour?" Quel est l'échange à ce moment-là, est-ce une discussion, une menace de mort, ou de l'amour? C'est ce que les gens ont à déterminer. Il faut que je me mette à la place de Bond, que je le comprenne. Ça peut être difficile, mais c'est mon travail. Pourvu que je fasse ce que la scène demande, c'est tout ce qui compte pour moi.

Que pensez-vous de Robert Carlyle, un Écossais, qui interprète le rôle d'un Français dans le film?
Sophie : Je suis française et je joue une femme mi-turque mi-anglaise, alors ça va. Dans le film, il a un nom à consonance française, Renard. Mais il n'est pas français : je ne voudrais pas d'un "méchant" français!

Entretien réalisé par Lee Howard/Famous

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