Questions - Réponses...

Comment est né le projet de La Fidélité?
Sophie : J'étais à la recherche de sujets pour mon premier longmétrage et j'avais envie de réaliser une adaptation de La Princesse de Clèves, car cette histoire a des résonances très actuelles. J'ai finalement préféré me jeter à corps perdu dans ce personnage passionné et laisser Andrzej Zulawski, le père de mon enfant, penser et réaliser mon rêve.

C'est le quatrième film que vous tournez avec lui. Est-ce difficile d'être avec son compagnon sur un plateau?
Sophie : Il est metteur en scène, je suis actrice. Mais nous comptons tellement l'un sur l'autre que, sur un tournage, nous en devenons presque intransigeants. Ce qui favorise les disputes!

Dans ce film, vous irradiez littéralement de beauté.
Sophie : Sans doute parce que je suis filmée avec les yeux de l'amour.

Vous y apparaissez souvent nue. Cela vous gêne-t-il?
Sophie : Je suis très pudique dans la vie. Petite, je voulais à tout prix mettre un soutien-gorge pour cacher la poitrine que je n'avais pas encore! Au cinéma, le corps n'est plus qu'un instrument au service de l'émotion.

Pour vous, qu'est-ce que la fidélité?
Sophie : Une promesse tenue à soi-même d'abord, aux autres ensuite.

Êtes-vous fidèle en amour?
Sophie : Oui.

Et en amitié?
Sophie : Je ne sais pas muer ni entretenir des amitiés. Sans doute parce qua je suis trop exclusive.

Vous dites ne pas aimer vous voir à l'écran.
Sophie : Au début, je m'en moquais. Lors de La Boum, Claude Pinoteau m'avait avertie que c'était dur de se découvrir à l'écran, qu'on se trouvait mauvais. Je me suis trouvée très bien. Mais. par crainte qu'il me juge prétentieuse, je me suis forcée à pleurer, pour jouer à l'actrice. Aujourd'hui. je n'aime plus me voir.

Cela fait quatre ans, depuis Marquise, qu'on ne vous avait pas vue dans un film français.
Sophie : Tant que ça? Je n'ai pas eu l'impression qu'il y ait eu une coupure. Mais je suis contente d'être revenue. Le cinéma français commence à bouger. Ce qui ne m'empêche pas de continuer à râler!

Vous êtes un grande râleuse?
Sophie : A peu près tout m'énerve, c'est dans mon caractère.

Notamment le cinéma français...
Sophie : Parce que c'est ma vie. Je lui reproche tout et rien. Je suis très concernée par sa santé : ça m'exaspère de voir qu'on ne fait pas grand-chose pour le soigner, que le milieu s'entre-déchire pour des questions mesquines.

On ne vous a d'ailleurs pas épargnée lors de votre "dérapage" au Festival de Cannes, l'année dernière.
Sophie : Je ne comprends toujours pas pourquoi on s'est acharné sur ce triste épisode. Certaines personnes font des choses terribles et on les laisse tranquilles!

Comment organisez-vous votre vie entre Hollywood, Varsovie et Paris?
Sophie : Hollywood, c'est fini pour un bon moment. Après six mois passés à Londres pour James Bond, je me suis installée à Paris pour le tournage de La Fidélité. Celui de Belphégor, de Jean-Paul Salomé, débute le 3 avril, pour quatre mois, au Louvre.

Êtiez-vous fan de la série?
Sophie : J'étais trop jeune! J'ai revu récemment tous les épisodes, j'ai adoré le côté kitsch du feuilleton et son mystère envoûtant.

On dit qu'Isabelle Adjani vous en veut de lui avoir volé te rôle.
Sophie : C'est un incroyable malentendu. On m'avait fait lire le script en premier et j'ai d'abord dit non, trop impliquée dans La Fidélité. Trois semaines après, j'ai relu le scénario et l'ai trouvé passionnant. J'ai donc fait amende honorable et les producteurs m'ont donné le rôle de Belphégor. Entretemps, Isabelle Adjani avait été approchée, mais elle ne faisait pas l'unanimité.

Avoir un petit garçon de bientôt 5 ans vous amène-t-il à refuser certains films?
Sophie : Pas jusqu'à présent. J'ai emmené Vincent en Angleterre, en Russie, en Pologne, aux États-Unis. Je n'ai jamais manqué un moment important de sa vie. Dans les années à venir, avec l'école, les choses vont devenir plus délicates. Je me laisse encore un an pour tourner des films loin de chez nous.

Quelle langue parle-t-il?
Sophie : Français, polonais et il me demande maintenant des dessins animés en anglais.

En quoi vous ressemble-t-il?
Sophie : Nos caractères sont différents, il est déjà macho, si bien qu'on se dispute souvent! Mais je suis très enfantine avec lui, on se parle beaucoup, j'adore lui apprendre des choses.

Songez-vous à avoir un autre enfant?
Sophie : J'aimerais en avoir dix!

Connaître le succès à 13 ans, cela ne vous a-t-il pas privée d'une adolescence normale?
Sophie : Je n'ai jamais été quelqu'un d'insouciant. J'étais très mûre, je prenais tout avec gravité, je pleurais souvent et je crois que sans le cinéma, j'aurais vécu encore plus difficilement mon adolescence.

Vous êtes l'une des actrices préférées des Français.
Sophie : Cela fait vingt ans qu'on se connaît et il s'agit d'une relation presque familiale, malgré ses crises.

Quel est votre plus gros défaut?
Sophie : Mon imprévisibilité, entre autres.

Votre plus grande qualité?
Sophie : Ma générosité.

Entretien réalisé par Barbara Théate

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